Comment savoir…
Rien ne vaut une visite dans un musée. Les œuvres sont beaucoup plus impressionnantes en personne. Sur une page Web, vous ne pouvez pas vous faire vraiment une idée de l’atmosphère du lieu où elles sont exposées, des dimensions d’un tableau, bien voir les détails, la texture. Dans cette section vous trouverez ici des outils pour préparer les élèves ou vos enfants à la visite.
Q. Quelle est la différence entre art actuel, art contemporain et art moderne?
R. On peut dire aussi bien art contemporain qu’art actuel. Dans les deux cas, il s’agit de l’art qui se pratique aujourd’hui. Le terme art contemporain est plus généralement utilisé, car il est plus englobant. Les historiens de l’art emploient les termes modernisme et art moderne pour se référer à l’art qui s’est pratiqué entre la fin du XIXe et le milieu du XXe siècle en Occident. Les artistes, aussi bien en arts plastiques, qu’en architecture, ont rejeté les conventions du passé et cherché de nouvelles avenues plus adaptées au monde dans lequel ils vivaient. C’est ainsi que l’on a vu naître des mouvements comme le fauvisme, le surréalisme, le cubisme, l’art abstrait… L’art moderne se termine vers la fin des années 1960. Après cette date, les historiens parlent plutôt d’art contemporain. On situe Mutation rythmique bi-jaune de Molinari dans la période de l’art moderne.
Q. L’art contemporain commence quand?
R. Les spécialistes situent généralement le début de l’art contemporain autour de 1970. À la fin des années 1960, l’art vit de profondes transformations esthétiques et les oeuvres changent d’aspect. On assiste à une période de créativité intense et à une multiplication de mouvements artistiques qui s’enchaînent et poursuivent le même objectif : révolutionner les pratiques, transgresser les règles, changer le regard sur les oeuvres, reconsidérer la réalité, prendre des distances avec le système. Un mot d’ordre les réunit : désacraliser l’oeuvre en rapprochant l’art de la vie.
Q. C’est quoi l’art contemporain?
R. L’art contemporain englobe toute production artistique actuelle. Elle n’a aucune unité et ne privilégie aucun médium. L’art contemporain est le reflet de la société dans laquelle nous vivons. Il est donc l’art de notre temps et de ce qui se fait aujourd’hui. Les sujets traités par les artistes reflètent d’abord leurs propres préoccupations et de ce qu’ils perçoivent dans les questions qui agitent la société. Par exemple, l’environnement est un sujet d’actualité. En utilisant pour Marines des contenants en plastiques trouvés le long du Saint-Laurent, Jérôme Fortin, joue avec les qualités plastiques et poétiques du matériau, mais nous permet aussi de réfléchir sur les rebuts dans notre société.
Les artistes sont aussi les prophètes de leur temps et toute idée conçue par l’esprit humain peut devenir une œuvre. Très souvent, les oeuvres contemporaines nous renvoient une image de nous-mêmes qui oblige à prendre parti, à réfléchir à leur signification.
Q. Qu’est ce que l’art abstrait?
R. On dit d’une œuvre, que ce soit un tableau ou une sculpture, qu’elle est abstraite (ou non représentative) quand elle n’imite pas la réalité visible comme l’homme la perçoit. On y voit un agencement de formes ou de couleurs. Par contre, dans une même œuvre, certaines parties peuvent être abstraites et d’autres figuratives. Les historiens de l’art s’entendent pour dire que l’aquarelle Sans titre réalisée en 1910, par le peintre russe Vassily Kandinsky (1866-1944) est la première œuvre qui ne fait aucunement référence au monde extérieur. Les peintres Denis Juneau dans Espace jaune et Claude Tousignant jouent avec des formes et des couleurs. D’autres jouent avec la matière et les couleurs comme Louise Robert dans No 78-54, No 78-263-A-B.
Q. Qu’est-ce qu’un mouvement en art?
R. Un mouvement est un regroupement d’artistes qui proposent une nouvelle manière d’envisager l’art. Parfois, les artistes se regroupent physiquement et travaillent ensemble. À l’occasion, le mouvement déborde les frontières et des artistes de plusieurs pays y adhèrent. D’autres fois, des artistes travaillent sur les mêmes problématiques sans savoir que d’autres y travaillent. C’est dans l’air du temps. C’est souvent après coup que l’on peut nommer un mouvement en art. Et ce sont souvent les critiques d’art qui le nomment.
Les mouvements existent depuis longtemps. L’histoire de l’art occidental est riche en crises, en ruptures, en dénonciations qui précèdent ou accompagnent les mouvements de société. Les précurseurs sont souvent décriés. On n’a qu’à penser aux impressionnistes : lors d’une exposition organisée en 1874 par un groupe de jeunes artistes qui dénonçaient le système en place, un critique leur donne, par dérision, ce nom inspiré du tableau de Monet, Impression, soleil levant (1872, Paris, Musée Marmottan).
Un autre exemple : le Pop art a pris naissance aux États-Unis et en Angleterre. Les artistes québécois qui fréquentaient l’atelier Graff ont adapté le Pop art à leur réalité sociopolitique. Les Européens font de même. Mais il est réducteur d’enfermer les artistes dans un mouvement en particulier : chaque œuvre est unique et au cours de sa carrière un artiste modifie sa manière de faire.
Q. Comment regarder les œuvres d’art contemporain?
R. On doit d’abord laisser tomber ses préjugés et accepter d’être dérouté, mais… ne pas se laisser intimider. On laisse monter en soi les impressions que l’œuvre suscite pour chercher ce que l’artiste veut transmettre. On peut éprouver un ensemble de réactions entre le dégoût, la surprise, l’admiration, l’humour... L’art contemporain explore constamment de nouvelles thématiques, combine plusieurs médiums, s’approprie les dernières découvertes technologiques : bref, il se nourrit de la vie qui nous entoure. Les artistes regardent le monde.
Encore de nos jours, les artistes tentent de répondre aux questions que se posait Gauguin dans son tableau D’où venons-nous? Qui sommes-nous? Où allons-nous? (1898, Musée des beaux-arts de Boston). Les artistes sont souvent des éclaireurs, des éveilleurs de conscience de la société. Mais, le sujet, le message de certaines œuvres ne se déchiffrent pas facilement. Le spectateur doit faire fonctionner ses méninges pour les décoder : réfléchir, observer, analyser, associer. Les activités vous fournissent des outils pour devenir des visiteurs avertis.
On peut aussi mieux comprendre l’œuvre en la situant dans le contexte plus général de l’histoire de l’art au Québec et en Occident : connaître le contexte de sa création, les autres œuvres du même artiste. Les textes d’introduction, les cartels (l’affichette placée à côté de l’œuvre) dans les musées, les livres d’histoire de l’art sont une bonne manière de démystifier l’histoire de l’art et d’apprendre cette « langue » étrangère. Plus on fréquente les lieux d’expositions, plus on comprend ce que l’on voit et plus on en tire du plaisir.
Q. N’importe quel enfant peut faire cela !
R. Il est facile de dire un enfant peut faire ça. L’enfant peint ou dessine spontanément tandis que l’artiste est conscient de l’image qu’il produit. La difficulté pour un artiste est de garder la spontanéité et l’audace de l’enfance en mettant à profit sa maîtrise des techniques ainsi que sa maturité pour transmettre son monde intérieur et sa vision du monde.
Ce n’est pas parce qu’on se sent privé de repères qu’une œuvre est vide. C’est comme condamner quelque chose dont on ignore le sens. C’est un langage à apprendre.
En disant cela, le spectateur évite de s’interroger vraiment sur ses sentiments face à une œuvre. Ce n’est pas parce que l’on ne connaît pas la langue que l’œuvre est vide. L’originalité du point de vue et de la présentation, l’époque dans laquelle elle s’inscrit, le choix des matériaux, le message communiqué, la capacité pour le spectateur de s’investir dans l’œuvre, sont autant de critères sur lesquels il faut réfléchir pour savoir si cette œuvre nous plait. On n’est pas obligé d’aimer, mais on peut comprendre les préoccupations plastiques ou sociales d’un artiste et ne pas rejeter l’œuvre en lui tournant le dos rapidement.
Il ne faut pas regarder l’art contemporain comme on regarde un tableau ancien. Il peut nous paraître fait de débris, mal fait, ou pire encore trop simple comme dans le cas des bandes verticales de Mutation rythmique bi-jaune de Guido Molinari. Mais pour oser faire cela au moment où cet artiste l’a fait, il faut être audacieux et vouloir briser des codes. Dans le cas de cet artiste, ce qui l’intéressait c’est l’interaction entre les couleurs, pas la représentation de la réalité.
Q. Qu’est-ce que la sculpture en art contemporain?
R. La sculpture est maintenant complètement éclatée à la fois dans les sujets traités, dans les matériaux et les procédés utilisés. Des artistes utilisent encore des matériaux dits « nobles » comme le marbre, le bronze, la pierre. La sculpture se déploie encore dans l’espace, mais utilise d’autres matières comme le tissu et les objets trouvés, se combine aussi avec le multimédia ou la photographie. Les œuvres suivantes sont toutes des sculptures : Sans titre de Jean-Pierre Morin est fait d’acier taillé et soudé, Ovexpansible rouge, de Jean Noël est en plexiglass thermoformé, moulé et assemblé, Loop d’Henri Saxe est composée de modules en aluminium assemblés et soudés, et Trophée de Josée Fafard, est faite de fourrure de loutre recyclée.
Il est parfois difficile de tracer la frontière entre la sculpture et l’installation. Cette dernière est parfois « in situ », c’est-à-dire réalisée pour un lieu précis où elle se déploie au sol et le spectateur peut s’y déplacer. L’installation fait appel à tous les sens et utilise des matériaux très divers. Ville Inclinaison de Pierre Granche fait partie d’une installation regroupant 16 éléments de bâtiments et de 20 éléments de nuages essentiellement en bois, en carton et en acier corten. L’oeuvre Exil/Exode de Michel Goulet est quant à elle composée de 2 chaises et de 20 boîtes faites d’acier.
Q. Un paysage représente-t-il toujours un paysage en particulier?
R. Pas plus que dans la peinture de paysage classique, on ne peut être certain que le paysage que l’on a devant les yeux existe vraiment. Il peut être un assemblage de croquis, de photographie que l’artiste a collectés et qu’il combine comme dans Les Pèlerins de la croix lumineuse de Raymonde April. Les artistes représentent la nature sans l’imiter. Et paysage ne veut pas nécessairement dire campagne, nature. Un paysage peut être industriel ou urbain comme dans Muir Park Series de Liliana Berezowsky.
R. Des sujets comme le paysage, les natures mortes, les nus et le portrait traversent l’histoire de l’art et s’ajustent aux révolutions formelles. Avant l’apparition de la photographie, certains portraits avaient une fonction informative. Maintenant, l’artiste s’attarde plus à ce que dégage le modèle. Ainsi dans les portraits de Richard-Max Tremblay, la personnalité de chacun des artistes se dégage en fonction des cadrages : plan d’ensemble pour Molinari et John Schweitzer, plan rapproché pour Betty Goodwin, Françoise Sullivan et Dominique Blain.
D’autres artistes, comme Clara Gutsche avec Les Soeurs Adoratrices du Précieux Sang : le jardin, Les Soeurs Carmélites, Le jardin et Gabor Szilasi avec Jeanne Lessard, Saint-Joseph de Beauce, 1973, font ce que l’on nomme de la photographie documentaire et captent leurs sujets dans leur milieu.
Depuis longtemps, les artistes font leur autoportrait que ce soit en peinture ou en photographie. L’artiste Raymonde April dont la production est inspirée de son quotidien, de sa famille et de ses amis, entremêle le documentaire, l’autobiographie et la fiction. Dans Femme nouée, elle se photographie dans la nature alors que dans Moi-même on ne voit d’elle que son ombre. Deux traitements qui nous laissent des impressions différentes.
Q. Où les artistes vont-ils chercher leur inspiration?
R. Les artistes s’inscrivent d’abord dans leur histoire. Pour créer, ils puisent dans leur passé, leurs peurs, leurs fantasmes, leurs regards, leur vision esthétique de la société et de la nature. C’est souvent un désir fort, qui les pousse à réaliser quelque chose que personne ne leur demande de faire et auquel ils consacrent leur vie. Ils constatent, dénoncent et proposent un regard critique et personnel parfois humoristique sur la société. Ils se considèrent souvent comme les témoins de l’histoire culturelle, sociale, politique et économique de la société dans laquelle ils vivent. Des artistes comme Raymonde April et Peter Krausz font des œuvres dont le point de départ est quelque chose d’intime, mais qui rejoint l’universel.
Les artistes actuels sont aussi en lien avec les artistes qui les ont précédés. Ceux qui étudient dans les écoles des beaux-arts apprennent à maîtriser des techniques — sculpture, gravure, photographie, vidéo, arts médiatiques — suivent des cours d’histoire de l’art, discutent des enjeux esthétiques pour acquérir une autonomie créatrice et intellectuelle. On apprend encore de nos jours à dessiner, à peindre, à sculpter des nus, des natures mortes à partir de modèles. Pour briser les règles, il faut maîtriser les techniques, connaître les références historiques pour parfois s’en inspirer ou pour s’en moquer. Ainsi, avec Beyond Sweeties, Naomi London fait référence à un type d’accrochage très en vogue dans les salons du XIXe siècle, salon style : les œuvres sont collées les unes aux autres et couvrent presque entièrement la surface du mur.
Q. Quelle place occupe le corps en art contemporain
R. Sauf dans quelques cas où la religion interdisait la représentation humaine (islam et judaïsme), le corps humain, habillé ou dénudé, a toujours été présent dans l’art. Mais la manière de le représenter est marquée par des changements profonds au cours du XXe siècle. Le corps devient un sujet de réflexion privilégié, car le moteur de l’art actuel est souvent le « moi », l’intime.
Des artistes prennent la parole, réalisent des installations, des performances, des vidéos en prenant leur corps, celui de leur entourage comme sujet de l’oeuvre. Les médiums (peinture, photographie, sculpture, vidéo) et les approches sont diversifiés : autofiction, photographie, récit personnel, fable, conte, autoportrait.
Certains artistes utilisent leur propre corps comme un médium : ils testent les limites de l’esprit à supporter la souffrance, la relation entre le nu et l’habillement, l’interne et l’externe, la partie et le tout, soit en le modifiant soit en le mutilant, en se métamorphosant, et en se photographiant lors des performances et des happenings. La mise en scène du corps permet de réfléchir sur les questions d’identité et de sexe. C’est ce que fait de façon explicite Josée Fafard avec Trophée et d’une manière plus allusive, Irène F. Whitthome avec Incision no 5.
Q. Est-ce que les artistes d’aujourd’hui utilisent encore des pinceaux et de la peinture à l’huile?
R. Ils utilisent de tout…. du crayon à mine, aux rebuts domestiques en passant par les nouvelles technologies, la peinture à l’huile et la photographie et l’estampe. Peter Krausz a utilisé du goudron dans L’île devant Chinon et a peint Fragment no 1, de la série Natura Humana, à la fresque, une technique très ancienne qui fut beaucoup utilisée à la Renaissance. Ce qui ne l’a pas empêché d’encadrer son tableau avec un objet récupéré, un vieux radiateur.
Les artistes transforment les rebuts en objets d’art, parfois en les manipulant pour les rendre méconnaissables. Jérôme Fortin découpe et étire des bouteilles d’eau de javel pour réaliser ses Marines, la gravure Collapsed Vest One (Crushed Vest) de Betty Goodwin est faite avec une veste ayant appartenu à son père, et Josée Fafard a fait la sculpture Trophée avec de la fausse fourrure. Alors, peu importe le médium, c’est la vision de l’artiste sur un sujet qui prime, la valeur symbolique qu’il donne aux objets ou aux matériaux qu’il choisit.
Les matériaux employés sont parfois périssables ce qui pose des problèmes de conservation! En 1991, l’artiste canadienne Jana Sterbak a présenté une robe faite de viande crue, intitulée Vanitas dans une exposition au Musée des beaux-arts du Canada. Cette œuvre a suscité beaucoup de controverse.
Les artistes d’aujourd’hui utilisent fréquemment la photographie, la vidéo et Internet. Ces médiums permettent d’intégrer plusieurs pratiques : le réel en direct, l’image fixe, l’écriture cinématographique. Ces appareils, qui s’intègrent maintenant au quotidien, sont des témoins fidèles et discrets, mais également manipulables facilement grâce à l’ordinateur.
Q. Quelle place occupe l’artiste dans notre société?
R. Devenir une vedette en arts visuels n’est pas donné à tous les artistes et ne signifie pas automatiquement que l’artiste n’est pas intéressant. Les artistes sont peu connus du grand public et doivent faire un autre travail pour vivre, par exemple, l’enseignement ou un travail technique dans un musée. Un artiste peut acquérir une renommée quand ses oeuvres font parties de collections privées ou de musées qui jouissent d’une bonne réputation dans le milieu de l’art national et international et lorsqu’il participe à des expositions à l’étranger. Il y a moins d’acheteurs d’œuvres d’art que d’acheteurs de disques. Sans la présence d’individus désireux d’acquérir des œuvres, il n’y a pas de marché. Les galeries se développent dans des villes où il y a des gens riches, comme Toronto ou New York.
Un artiste qui devient un « grand » artiste s’impose comme un modèle qui influence les autres artistes de sa génération et les suivantes par l’aspect novateur de sa production et par sa vision originale. Les critiques d’art, les propriétaires de galeries, les conservateurs de musées et les commissaires d'exposition jouent un grand rôle dans la notoriété d’un artiste, ce qui ne veut pas nécessairement dire qu’il verra sa fortune financière assurée de son vivant!
De son vivant, un artiste peut jouir d’un succès d’estime dans son milieu et voir, après sa mort, sa notoriété augmenter. Les artistes qui les premiers osent briser une convention ont droit à une reconnaissance plus grande et jouent un rôle de maître. Lorsqu’à New York en 1917, Marcel Duchamp expose un urinoir industriel à l’envers sur un socle et qu’il l’intitule Fontaine, il déclenche de vives protestations. Duchamp bouleverse l’idée que l’on se faisait du beau, libère l’artiste de l’obligation de maîtriser un savoir-faire. Pour la première fois, l’idée prévaut sur le résultat final. Les conséquences de cette action posée en 1917 se font encore sentir dans l’art contemporain.
Q. Comment un artiste peut-il se faire reconnaître sur la scène internationale?
R. La reconnaissance du grand public est longue et difficile à obtenir et tous ne sont pas intéressés à faire les efforts nécessaires à cette reconnaissance. En chanson par exemple, ce ne sont pas tous les artistes qui sont prêts à accepter tous les sacrifices qu’a faits Céline Dion pour devenir une vedette internationale.
Pour se faire connaître, les artistes sont généralement représentés par une galerie, qui organise des expositions dans leur lieu et dans les musées et exposent les œuvres aux grands événements artistiques internationaux. Ainsi, Peter Krausz est représenté par la Galerie de Bellefeuille à Montréal et la Galerie Mira Godard à Toronto.
D’autres sont des événements à caractère muséal comme La Documenta de Kassel en Allemagne ou la Biennale de Venise auxquelles les artistes sont conviés par des commissaires. Angela Grauerholz était au nombre des neuf artistes qui représentaient le Canada à la Documenta de Kassel en Allemagne au cours de l'été 1992, tandis que Geneviève Cadieux a représenté le Canada à la Biennale de Venise en 1990.
Q. Que signifie « droit d’auteur » ?
R. Le symbole © signifie que l’œuvre est protégée par le droit d’auteur. Pendant une durée déterminée selon les pays (pendant toute la vie de l’auteur et 50 ans après sa mort au Canada), les œuvres sont protégées : cela signifie que l’on ne peut les reproduire, les déformer sans le consentement de l’auteur. Certains artistes gèrent eux-mêmes leur droit d’auteur d’autres les confient à des sociétés de gestion.
Il est important de respecter ces droits, car s’approprier une œuvre sans permission, c’est du vol.
Au Canada et au Québec, il existe une loi qui définit le statut de l’artiste en général et protège ses droits de propriétés intellectuelles.
Q. Pourquoi certaines œuvres valent-elles si cher?
R. Les prix varient en fonction de la rareté de l’œuvre, de la période à laquelle elle appartient dans la production d’un artiste, de son originalité dans la production artistique de son époque, de sa valeur symbolique. Les œuvres d’un artiste deviennent plus coûteuses après sa mort. Les commissaires d'exposition et les directeurs de musées, les critiques, les collectionneurs, les marchands d’art, les propriétaires de galeries, les institutions artistiques influencent le marché de l’art. Une exposition solo dans un musée ou dans une galerie connue du milieu de l’art, favorise la notoriété d’un artiste, mais pas nécessairement son portefeuille. Malgré de rares exceptions, les artistes en arts plastiques sont rarement aussi riches de leur vivant que les vedettes de cinéma ou du sport. Les artistes doivent assumer les frais de fabrication de leurs œuvres. Règle générale, les galeries gardent 50 % du prix de vente d’une œuvre pour couvrir leurs frais : publication de catalogues, loyer de la galerie, transport des œuvres, promotion de l’artiste dans les foires d’art international, etc.
Les œuvres des grands maîtres se retrouvent parfois dans les sociétés de vente aux enchères comme Christie’s et Sotheby’s.




